• May 12, 19
  • Blerina

Depuis l'ouverture de ses frontières, l'Albanie apparaît comme authentique, préservée et attractive. Petit détour par ce pays fascinant dont le monde a trop longtemps été privé.
rigoureux et culte de la personnalité. Son dirigeant unique, Enver Hoxha, a isolé le pays du reste du monde jusqu'au milieu des années 1980.

Paranoïaque, le tyran a jonché le bord de mer de bunkers, pensant que l'invasion était proche. Si beaucoup sont aujourd'hui détruits, un certain nombre de ces sinistres édifices restent visibles. Sorti en 1996, le film Kolonel Bunker, réalisé par Kujtim Çashku, évoque cette frénésie délirante.

Hoxha souhaitait-il protéger son régime ou garder jalousement les trésors de son pays ? La question se pose depuis l'ouverture des frontières et la mise au jour d'incroyables vestiges antiques. L'Albanie a en effet suscité la convoitise de grandes civilisations : Grecs, Romains, Byzantins, Ottomans et Illyriens, dont les Albanais s'estiment les descendants directs, y ont laissé leur empreinte.

Au carrefour des cultures
Patchwork historique, l'Albanie est le paradis des passionnés d'archéologie. La visite de Butrint, l'antique Bouthrôtos située près de la ville de Saranda, inverse le cours du temps. Ce petit port qui jouxte l'île grecque de Corfou donne à voir un temple, un amphithéâtre étrangement niché au flanc de la colline, ainsi qu'une magnifique abbaye.

Virgile et Racine y ont imaginé la rencontre d'Andromaque, d'Hélénos et d'Énée. Habité depuis la préhistoire, le site traduit l'attrait de nombreuses cultures pour cette place stratégique à l'aura magique. Il est aujourd'hui classé au patrimoine mondial de l'Unesco.

La cité d'Apollonia d'Illyrie, dégagée durant l'Entre-deux-guerres par Léon Rey, est réputée pour son exceptionnel portique aux dix-sept niches, son grand nymphée et sa descente aux enfers conservée dans l'enceinte du monastère Sainte-Marie. Le coucher du soleil sur la mer Adriatique offre un spectacle féerique dans un silence à peine troublé par le souffle du vent dans les oliviers.

Nouvelle ville, nouveau décor. Durrës, la seconde plus grande cité du pays, abrite un amphithéâtre des plus remarquables – le plus grand des Balkans – datant du IIe siècle. Sa crypte, construite par les premiers chrétiens, donne à voir une mosaïque d'une complexité rare. Autrefois appelée Epidamnus, la ville était un port imposant situé sur la route commerçante de la Via Egnatia, entre Rome et Byzance. Elle est aujourd'hui une station balnéaire très prisée des touristes.

Faune et flore au diapason
En dehors de ses côtes méridionales et de leurs merveilles antiques, l'Albanie se compose aux deux tiers de bois, de prairies et de reliefs. La nature bénéficiant encore de tous ses droits, on trouve des loups, des ours, des chamois et des lynx vivant en harmonie dans de vastes réserves naturelles.

Le mont Tomorr est emblématique de cette vie sauvage préservée. Il abrite pourtant la ville-musée de Berat, vieille de 2 400 ans. Château, églises byzantines et magnifiques mosquées témoignent de son riche passé. Plus au nord, Gjirokastra, l'une des villes les plus importantes du sud du pays, a elle aussi été déclarée ville-musée en raison des petites maisons médiévales qui bordent ses rues étroites.

Une capitale enchanteresse
Bien évidemment, Tirana vaut également le détour, notamment pour ses influences russes et son étonnante place Skënderberg, du nom du héros de la résistance aux Turcs, à qui les Albanais doivent leur drapeau rouge frappé d'un aigle à deux têtes. On y trouve la vieille mosquée d'Ethem Bey, ainsi que la Tour de l'horloge et le Palais de la Culture avec son opéra, son théâtre, sa bibliothèque et de nombreux musées qui nous en apprendront davantage sur le pays.

Une halte dans la capitale invite également le voyageur à découvrir la cuisine albanaise, qui le mérite bien. Le plat national est le tavë kosi, un ragoût d'agneau cuit au yaourt. Un délice, surtout s'il est arrosé des meilleurs vins du pays. Loukoums et café préparé à la turque scelleront cette escapade aux pays des aigles.

Se restaurer
La cuisine albanaise a subi l'influence des gastronomies turques et grecques. On retrouve les feuilles de vigne, les légumes farcis et la prédominance du mouton.

Se loger
Le tourisme étant assez récent en Albanie, les infrastructures hôtelières sont surtout implantées dans les grandes villes et aux abords des sites touristiques. L'hébergement est plutôt bon marché, bien qu'à Tirana les prix soient plus élevés. Il existe également quelques auberges de jeunesse et campings à des tarifs tout à fait abordables. Cependant, l'hospitalité et le sens de l'accueil sont des valeurs primordiales dans tout le pays. Un proverbe affirme d'ailleurs que « la maison de l'Albanais est la maison de l'ami et du voyageur ». Sur place, loger chez l'habitant est donc une aventure à tenter.

Se déplacer
Une carte d'identité suffira aux ressortissants européens pour entrer dans le pays. Sur place, mieux vaut se déplacer en bus, les trains étant peu nombreux et décrépis. La voiture reste cependant le moyen de transport le plus pratique car il permet de faire des détours très intéressants étant donné la richesse patrimoniale du pays. L'état de certaines routes laissant encore à désirer, mieux vaut prendre son temps et être prudent.

À savoir
Les coupures d'électricité étant régulières et nombreuses en Albanie, mieux vaut prévoir une lampe de poche pour éviter les situations délicates. Côté communication, peu de chances que vous disposiez du wifi dans votre chambre, mais de nombreux cybercafés vous permettront de rester en contact avec vos proches via internet.

SOURCE: https://www.20minutes.fr/voyage/2509311-20190502-l-albanie-un-paradis-po...